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2/11/2009 Le projet actuel de réforme de la formation des maîtres entraînera un dramatique recul pour notre École publique.
Pour comprendre la réforme qui va être mis en place, lisez cet article paru aujourd'hui dans Le Monde.
2/6/2009 Pierre FRACKOWIAK
La destruction de l’école primaire L’heure d’un premier bilan
De nombreux spécialistes, comme Claude Lelièvre, historien de l’éducation, récemment dans le Monde, des syndicalistes, des responsables de mouvements d’éducation populaire, des pédagogues célèbres comme Philippe Meirieu, André Giordan, Eveline Charmeux, Gérard de Vecchi, des praticiens reconnus comme Sylvain Grandserre, et tant d’autres personnalités, répètent inlassablement que nous assistons depuis quelques années à une terrible entreprise de destruction de l’école. Les démonstrations sont faites, elles ne sont guère contestables : nous allons à la catastrophe.
LE PRESIDENT
Entrez-donc mon ami et venez prendre place Afin de me conter ce qui vous embarrasse La réforme est lancée, elle avance à gr ands pas Mais je vois bien qu'à tous celle-ci ne plait pas. Aussi voudrais-je entendre de votre
propre bouche Pourquoi les enseignants prennent ainsi la mouche.
LE MINISTRE
Mon bienfaiteur et Prince ne vous alarmez point Voyez comme en ces temps je sais rester serein. J'ai fait ce qu'il fallait et fait preuve d'audace
LE PRESIDENT
Allez contez moi donc je ne tiens plus en place !
LE MINISTRE
J'ai d'abord pour vous plaire modifié les programmes Pour faire des élèves des besogneux sans âme. Ils se feront gaver du matin jusqu'au soir Et n'auront plus de sens à donner au savoir ; Voilà qui nous fera des
citoyens dociles Qui ne s'attacheront qu'à des choses futiles.
LE PRESIDENT
Fort bien, les programmes sont un bel artifice Pour manœuvrer les gens non sans quelque malice. Voyez ce que je fis pour prendre le pouvoir Promettant des réformes, n'en disant que très peu, Pour qu'une fois reçu l'aval
des isoloirs Je puisse me sentir libre et faire ce que je veux ! Mais veuillez donc poursuivre votre plan de disgrâce
Car je veux tout savoir !
LE MINISTRE
Voilà ce qui se passe :
Je commence par rayer en trois ans les RASED Et pour tromper les gens sur le maintien de l'aide Je laisse aux enseignants l'entière liberté De s'occuper tout seuls de la difficulté. Ils auront pour cela comme unique
bagage La chance de pouvoir faire quelques journées de stage ;! J'ai enlevé deux heures d'école par semaine Mais évidemment pas pour ceux qui mal apprennent : On dit la journée de trop longue durée Qu'il faudrait réformer notre calendrier Et moi je vous dis qu'il en faut davantage Et qu'il faut les forcer même jusqu'au gavage !
LE PRESIDENT
C'est à n'en point douter une idée fort plaisante, Le mérite sera la seule valeur payante !
LE MINISTRE
Pour ceux qui veulent apprendre de maître le métier Je les envoie le faire à l'université. Voyez l'inanité d'une bonne formation Nous qui n'avons besoin que d'agents et de pions ! Cela vous plaît-il ?
LE PRESIDENT
Assurément je pense,
Mon humeur est ravie et elle est d'importance Car c'est elle qui règle le cours de mes pensées Qui font toujours écho à l'actualité. Mais contez-moi encore votre train de mesures.
LE MINISTRE
De l'école en danger j'augmente la fêlure : Il existe des classes que l'Europe nous envie Accueillant les plus jeunes des enfants du pays. Il serait opportun de les faire disparaître Pour affecter ailleurs ce
réservoir de maîtres Qui ne font de leur temps que des couches changer Et ne connaissent point les joies de la dictée. Des enseignants en moins réduiraient nos dépenses
Et il n'y aurait plus de maternelles en France! Afin de remplacer les absences des maîtres Avec tous ceux qui veulent, une agence va naître. Si celui qui remplace se trouve être plombier, La chaudière de l'école il pourra réparer,
S'il est mécanicien et connait son affaire Les voitures des collègues il pourra bien refaire, Et si par de la chance il se trouve enseignant Il pourra prendre en charge d'une classe les enfants !
LE PRESIDENT
Je reconnais bien là votre astuce admirable Et votre esprit retors qui ne se sent coupable ! Cette école qui veut faire des citoyens Il faut qu'à l'avenir elle n'en fasse rien ! Œuvrez donc mon ami, la tâche
n'est pas mince Car c'est l'éducation qui menace les Princes !!!!
1/7/2009 Lettre ouverte de Philippe Merieu, pédagogue, à Xavier Darcos, Ministre de l'Education Nationale, le 27/12/08
C'est ici. 6 pages, discours clair et bien argumenté. A lire.
Samedi 17 janvier : Journée de manifestations pour l'éducation
L'ensemble des organisations à
l'origine de l'appel « L'éducation est notre avenir » appelle à
amplifier les mobilisations en janvier 2009 et à faire du samedi 17
janvier dans tous les départements une journée de manifestations pour
défendre le service public d'éducation que le gouvernement veut
affaiblir par des budgets de régression, des mesures qui amputent son
ambition et sa cohérence, et pour réclamer un véritable dialogue social.
L'ensemble des organisations dénonce
une politique éducative qui méprise la jeunesse, les lycéens, les
étudiants, les parents d'élèves, les collectivités territoriales, le
monde associatif et les personnels de l'éducation, de l'enseignement
supérieur et de la recherche, de la jeunesse et des sports. » "Il faut
beaucoup d'indisciplinés pour faire un peuple
libre." Georges
Bernanos 11/17/2008
Veille d'opinion dans l'Education: «En aucun cas on ne peut parler de fichage»
Recueilli par Véronique Soulé. Libération.
Le
ministère de l'Education nationale veut-il ficher les profs qui
s'expriment en toute liberté sur la Toile? La polémique bat son plein
après la publication d'un appel d'offres daté du 15 octobre lancé par
le ministère de l'Education et celui de l'Enseignement supérieur et de
la Recherche pour assurer «une veille de l'opinion». L'appel d'offres est consultable en pdf ici.
Il est précisé que les ministères attendent une analyse de tout ce
qui se dit et s'écrit dans les medias classiques – journaux, télés,
radios - mais aussi sur le net, y compris les blogs et autres échanges
informels. Coût du marché pour l'année 2009: 100 000 euros hors taxes
pour l'Education nationale, 120 000 euros hors taxes pour
l'Enseignement supérieur.
Véronique Mély dirige la Délégation à la Communication commune aux
deux ministères qui est à l'origine de l'appel d'offres. Elle a accepté
de répondre aux questions de Liberation.fr
Est-ce la première fois que vous publiez un tel appel d'offres?
Cela est devenu nécessaire d'étendre la revue de presse auparavant
limitée aux medias traditionnels au web classique et au web informel
car nous nous sommes retrouvés devant une infinité de medias. Et la
thématique de l'éducation est extrêmement présente sur le web. En
réalité, il s'agit d'une prestation classique d'analyse des medias.
En aucun cas, on ne peut parler de fichage ou de surveillance. Il ne
s'agit absolument pas d'identifier des cas individuels ou de constituer
des fiches nominatives. Tout cela procède du fantasme. Nous voulons
seulement savoir quel site a de l'influence, évaluer les audiences. En
clair nous voulons écouter tous ceux qui veulent se faire entendre sur
le web,
Y a t il quelque chose de nouveau dans l'appel d'offres cette année pour expliquer la levée de boucliers?
La formulation générale est la même. Mais cette année nous avons
introduit des précisions dans le «cahier des clauses particulières»:
nous parlons notamment de repérer des «leaders d'opinion», les
«lanceurs d'alerte», etc. Mais ce vocabulaire a été mal interprété,
particulèrement le second terme. Or s'agissant d'un appel d'offres, il
nous fallait préciser au maximum le produit que l'on demande à la
société prestataire. Et nous avons utilisé la terminologie habituelle
pour ce type de service.
Disposez-vous toujours d'une revue de presse classique?
Bien sûr et elle ne choque personne, la polémique s'étant focalisée
sur le web. Elle a d'ailleurs récemment été dématérialisée: chaque
matin, les destinataires la recoivent en format pdf. Tout au plus en
imprime-t-on trois exemplaires.
La veille plurimedia, elle, est un produit de synthèse généralement
hebdomadaire. Mais on peut demander à la recevoir plus souvent. Cette
synthèse souligne les grands thèmes qui sont repris dans la presse
traditionnelle et sur le web, les sujets discutés sur le web que les
medias classiques ne reprennent pas, les videos qui circulent, etc.
Comprenez-vous cet emballement?
Je suis assez surprise par l'interprétation de cet appel d'offres et
par l'amalgame. Je ne peux que constater une sensibilité certaine à ces
sujets qui s'est cristallisée sur certaines expressions. Mais je le
répète: l'opinion cherche à se faire entendre sur le web, et nous, nous
cherchons à l'écouter.
11/9/2008 Pour ceux que cela intéresse:
Logique implacable...
10/27/2008 Une copine, psychologue scolaire, vient de sortir un livre. Un boulot énorme et très intéressant pour une instit en ZEP comme moi!
Voici la 4ème de couverture:
Doit-on tolérer que des enfants entrent dans le monde de la violence en
même temps qu’ils franchissent la grille de l’école ? En milieu
scolaire, la violence, verbale et physique, gagne du terrain. Quand
l’enfant est au bord du gouffre et que la chute est imminente, que
faire ? Le bourreau était-il une ancienne victime ? L’enfant porte-t-il
en lui la trace d’une transmission générationnelle ? Autant d’énigmes
que ce livre tente de résoudre.
Les études de cas de sept garçons et
filles de moins de douze ans éclairent le propos. Entretiens avec les
enfants et leurs familles, témoignages des enseignants, directeurs
d’établissements, psychologues, assistantes sociales, éducateurs spécialisés, bilans psychométriques et analyses des dessins alimentent l’enquête.
Pour
prévenir plutôt que guérir ! Pour apprendre à connaître, à comprendre
les enfants violents et, qu’un jour, ils puissent être accompagnés,
suivis, soignés et capables d’évoluer et de progresser. Parce qu’ils ont droit à un avenir !
Psychologue
de l’Éducation nationale en réseau d’éducation prioritaire, Séverine
Fœnix dresse un état des lieux alarmant et attire l’attention sur le
désarroi grandissant des enseignants qui luttent pour éradiquer la
violence, sur les risques encourus pour le personnel de l’Éducation
nationale. L’auteur livre un ouvrage de référence destiné aux
professionnels de l’éducation, aux enseignants et aux psychologues. Et
aux parents, peut-être ?
8/29/2008
Ecole: «le Grand Bond en arrière»
Jean-Yves Vlahovic. «11200 suppressions de poste à la rentrée 2008, 13000 en 2009, voilà ce qui attend les élèves et leurs parents dans l’Education Nationale pour les deux prochaines années scolaires. Le ministère a même avancé le chiffre de 80000 à l’horizon 2012, prétextant une baisse des effectifs dans le secondaire. Ce qui se met en place n’est ni plus ni moins que le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. L’objectif de ce gouvernement étant de rester dans les «clous européens» (dette publique inférieure à 3% du PIB). Et ce n’est pas tout ! Depuis plusieurs années, et surtout depuis plusieurs mois, l’école subit un certain nombre d’attaques en règle, particulièrement l’école maternelle et élémentaire (le socle du système éducatif).
- Haro sur la méthode globale d’apprentissage de la lecture, qu’aucun enseignant digne de ce nom n’a jamais appliqué à 100%, privilégiant d’abord une approche basée sur le sens de l’écrit puis sur l’analyse progressive de la combinatoire des mots et du texte. C’était l’époque de Robien et de la glorification du b-a-ba !
- Suppression progressive de la carte scolaire, donc des écoles –ghettos pour les moins débrouillards.
- Suppression pure et simple du samedi matin, sans concertation aucune avec les enseignants et les parents sur les conséquences : on passe donc de 26h à 24h hebdomadaires pour les élèves, soit 72h d’enseignement en moins sur l’année, avec un volume de programmes qui reste lourd.
- Le traitement de l’échec scolaire, estimé à 15% des enfants arrivant au collège. Aucune analyse sérieuse des causes sociales n’a été faite par les Inspections académiques. Au lieu de cela, on va stigmatiser encore les élèves les plus en difficulté, en leur infligeant 2h supplémentaires par semaine et des stages de rattrapage pendant les vacances. Non pas que les instits et profs d’école veuillent eux aussi passer à 24 h hebdo. Nous revendiquons même de continuer à faire 27h de présence dans l’école (dans les faits, c’est bien plus, et aucun enseignant ne s’en plaint). Mais ce que nous voulons, c’est que les enfants ayant besoin de soutien puissent continuer à en bénéficier sur le temps imparti à tous, et non hors temps scolaire, et soient pris en charge par les personnels spécialisés (psychologues, rééducateurs, maîtres de soutien) des réseaux d’aide (RASED) qui, hélas, voient leurs effectifs fondre comme neige au soleil. On parle même de leur disparition en 2012.
- Les fameux nouveaux programmes : ceux mis en application à partir de 2002 l’ont été après deux années d’études et de concertation étroite avec les chercheurs, les pédagogues, les personnels et les usagers de l’Education. Il y a eu un consensus entre le ministère, les syndicats enseignants, les fédérations de parents d’élèves et même entre les partis politiques de gauche comme de droite, puisque les contenus avaient été élaborés sous Jack Lang, ministre de l’Education d’alors et mis en œuvre par Luc Ferry, qui lui a succédé et qui faisait partie du Conseil Consultatif des programmes scolaires avant 2002. D’ailleurs, depuis que l’école républicaine, laïque, gratuite et obligatoire existe, les ministres concernés ont toujours eu la sagesse de faire un bilan des programmes précédents avant d’en établir de nouveaux, de mettre tout le monde autour de la table, d’écouter, de prendre du temps, et essayé d’obtenir l’assentiment le plus large possible entre les professionnels et les usagers de ce service public d’Education.
Foin de toutes ces considérations ! D’après certains syndicalistes, il se murmure dans les couloirs du ministère de la rue de Grenelle, qu’il faut abattre le «pédagogisme». Si l’école ne doit pas être le domaine de la pédagogie, où donc a-t-elle sa place ? Or là , patatras ! Darcos a renversé la table sans crier gare ! Et s’est mis à dos la plupart des chercheurs en Sciences de l’Education (Philippe Meyrieu et bien d’autres), des mouvements pédagogiques, des syndicats enseignants, de la FCPE,même Lang et Fillon se sont fendus d’un texte commun pour dire halte-là, cela suffit ! Car ce qu’il nous a servi valait son pesant de bonnets d’âne ! Il faut dire que ses maîtres à penser en matière de pédagogie (Jean-Paul Brighelli, auteur de /«La fabrique du crétin»/ et Marc Le Bris, auteur de /«Et vos enfants ne sauront pas lire…ni compter», /entre autres) n’y sont pas allés avec le dos de la cuiller :
- «Retour» au par cœur automatique ; à noter que le par cœur n’a jamais disparu des écoles (tables, règles diverses), mais sans être pour autant systématisé,
- «Retour» aux fondamentaux (français et maths), ceux-ci n’ayant jamais été abandonnés soit dit au passage, mais cela se fera au détriment de l’ouverture sur le monde, de toute la culture humaniste (histoire, géographie, sciences expérimentales), de la pratique artistique (musique et arts visuels) et informatique. Eh oui, il fallait bien trancher dans les contenus avec 72h en moins.
- «Retour» à des valeurs qui se veulent rassurantes pour les nostalgiques de la communale d’antan : Exit la poésie, vive la récitation Exit l’expression écrite, vive la rédaction Exit l’éducation civique et citoyenne, vive l’instruction morale et civique.
Les mots sont lourds de sens. Ceux-là fleurent bon les blouses grises et les coups de baguette sur les doigts.
Le plus étrange, c’est que personne n’a signé ces nouveaux programmes, ni Darcos, ni Brighelli, ni Le Bris, ni d’autres d’ailleurs. Auraient-ils peur de leur prétendue audace ? Depuis la fin du XIXème siècle, chaque ministre initiateur de nouvelles instructions les signait logiquement de sa plume. Mais là, personne ! Quel courage !
Les avancées des chercheurs en pédagogie, les acquis de Piaget, de l’ICEM (mouvement Freinet), de l’école Montessori, du GFEN, des CEMEA, des Francas,… ont été jetés aux orties. Il leur fallait absolument détruire les innovations dans l’Education depuis 1968, année honnie par l’Omniprésident et les tenants de la droite qui y sont tous allés de leurs vieilles lunes réactionnaires. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’un sacré bond en arrière ; la philosophie rétrograde de ces contenus nous plongent au début du XXème siècle (les instructions de 1923, par exemple).
Quant à l’école maternelle, les objectifs qui lui sont assignés manquent singulièrement d’ambition : allègement des programmes, petite et moyenne sections y sont à peine abordées, apprentissage trop précoce de mécanismes en grande section, qui risque de devenir un pré-CP. L’ «apprendre à vivre ensemble» y est délaissé au profit de «l’apprendre à être élève». Là aussi, l’instruction prend le pas sur l’éducation.
La mise en place envisagée d’EPEP (Etablissements Publics d’Ecoles Primaires) font craindre des regroupements d’écoles, donc encore des suppressions de poste, des conseils d’administration aux mains d’élus locaux laissent augurer la disparition de l’autonomie pédagogique et la baisse le la représentation des parents d’élèves (de 1 par classe aujourd’hui au conseil d’école à 1 pour 10 classes dans ces CA).
Enfin, la formation des maîtres est elle aussi remise en cause. Certes, celle-ci est loin d’être la panacée actuellement et il y a parfois un gouffre entre ce qui est enseigné dans les IUFM et la réalité quotidienne d’une classe et d’une école. Mais elle est toujours perfectible. Or, ce qui se profile pour 2010, c’est le passage de bac+3 à bac+5 pour espérer devenir prof d’école ou du secondaire. Belle économie réalisée en prétextant une élévation du niveau de formation. Car les étudiants reçus à l’IUFM y touchent un salaire, ce qui ne sera plus le cas ensuite. La formation sera déléguée (et délayée) aux universités, et un « compagnonnage » tiendra lieu de formation sur le tas. Au risque de voir débarquer dans les écoles des étudiants très pointus dans leur domaine mais complètement démunis sur le plan de la pédagogie, de la didactique et de la psychologie enfantine.
Face à toutes ces attaques et dérives contre l’école publique, des voix se sont élevées un peu partout en France, mais sans doute pas en nombre suffisant et pas assez relayées médiatiquement pour faire reculer le ministre et ses conseillers, qui n’ont cédé qu’à la marge sur quelques points insignifiants, après une pseudo concertation sur les nouveaux programmes.
En Loire-Atlantique, un mouvement de résistance citoyenne important (incluant parents d’élèves, enseignants, élus locaux) a pris corps depuis la fin mars : nombreuses AG de secteurs et départementales, refus de remplir les grilles d’analyse des nouveaux programmes et les avenants aux projets d’école incluant les 2h de soutien hors temps scolaire, de mettre en place les cours de rattrapage pendant les vacances, rassemblements devant l’Inspection Académique et son occupation (l’un de nos collègues a d’ailleurs été inculpé pour violence sur agent de la force publique, suite à l’évacuation musclée du bâtiment par les gardes mobiles à la demande de l’Inspecteur, le 11 juin), chaîne humaine, blocage de la raffinerie de Donges, manifestations dans les rue de Nantes (3000 personnes à la première, 15000 à la seconde, 2500 à la troisième). Une intersyndicale et une coordination citoyenne départementale se sont mises en place pour lutter et se donner les moyens de mener des actions contre ce train de réformes anachroniques et rétrogrades. A la rentrée, nous nous rappellerons au bon souvenir de Darcos, de l’Inspecteur et du Recteur d’Académie en menant une action spectaculaire lors des Rendez-vous de l’Erdre, une manifestation musicale ayant lieu les 30 et 31 août dans les rues de Nantes le long de cet affluent de la Loire, et nous tiendrons une AG de rentrée le 3 septembre, pour décider ensemble de la suite du mouvement et des actions à mener. Car nous voulons fermement poursuivre la résistance à cette entreprise de démolition de l’école publique et espérons être rejoints par d’autres départements pour faire front à cette politique imposée qui va vers le pire. »
Karl Laske (article du Contre-Journal dans Libération)
Je voulais vous faire partager ce texte:
Je suis, par hasard, devenue "docteur en sciences de l'éducation", au terme de trente cinq années de carrière en collège. Ce sont les directives et instructions, plus absconses les unes que les autres, que chaque ministre s'empressait de publier pour "marquer son territoire" qui m'ont conduite à faire une recherche et à rédiger une thèse... C'est le fossé immense entre ce qui avait motivé ma décision de devenir professeur de lettres (autrement dit, ma propre expérience d'élève et d'étudiante) et ce qu'il m'était demandé d'enseigner qui m'a conduite à chercher à comprendre où se situait la faille originelle.
Ma recherche m'a permis de découvrir que les fameuses lois "de démocratisation" du système scolaire, telles qu'elles ont été présentées et telles qu'on les représente encore (Berthoin et Fouchet) n'étaient autres que l'assujettissement hâtif à une demande patronale, et que dès leur instauration, il n'avait pas été question de moyens pour parvenir à la réussite mais d'économie de moyens... Si ces réformes ont à peu près fonctionné jusqu'à la première crise pétrolière (correspondant, en termes de réformes, à la réforme Haby), les choses se sont corsées par la suite... et les discours tenus depuis lors sur l'éducation ont mis à mal tout le monde enseignant. (Mais, "qui veut noyer son chien l'accuse de la rage", c'est bien connu!)
Le ministre actuel répond lui aussi à une demande expresse d'économie de moyens, et à une demande du MEDEF, ainsi sa réforme vise à former dans les délais les plus courts, au "prix" le plus intéressant possible, "un produit" (nos enfants, nos petits enfants) prêt à être vendable au moins offrant des patrons, un "produit" pensé en terme de "marchandise" ou de "capital humain" dont il importera de tirer des bénéfices... ou qu'il conviendra de jeter. Ce type de réforme ne formera certainement pas le "parfait honnête homme du XXI° siècle, il fera des individus formatés à obéir à des automatismes appris dès leur plus jeune âge...
"L'éducation est le moyen le plus efficace dont dispose une société pour former ses membres à son image" (M. Halbwachs)... dans cette société marchande, qu'attendre d'autre? Nous sommes loin, très loin de la pensée d'un Condorcet qui entendait que "l'école forme des hommes libres, des citoyens qui ne s'en laissent pas conter mais qui entendent qu'on leur rende des comptes"!
Anny Paule
Pour en savoir encore et toujours un peu plus sur les réformes de l'école primaire:
Interview de Christine Passerieu, membre du Groupe Français d'Education Nouvelle (elle est ma conseillère pédagogique!) et de Philippe Merieu, universitaire en sciences de l'éducation.
6/22/2008
Ceci est une opération organisée par un collectif d'enseignants de la ZEP de Trappes. Nous la voulons d'une ampleur nationale. Nous souhaitons démontrer au gouvernement que la partie est loin d'être gagnée, nous ne laisserons pas démonter le service public d'Education sans nous battre, nous resterons très mobilisés même pendant les vacances; comme de nombreux enseignants, chercheurs, parents, lycéens en France. L'école Publique appartient au peuple et nous devons la défendre. Malgré le verrouillage médiatique et le défaitisme ambiant qui règne dans ce pays nous appelons tous les collègues, élèves de tous âges, parents, salariés et retraités à participer à l'action "Pas de vacances pour Darcos". Imaginons un peu si: "1 enseignant = 1 carte, 1 élève = 1 carte, 1 parent = 1 carte ou même 1 citoyen =1 carte !!! Nous comptons sur votre clairvoyance et votre soutien pour donner à ce projet une suite exponentielle. Lien à diffuser massivement: Cliquer ici pour envoyer une carte postale à l'Elysée.Après le pain, l'Education est le premier besoin du peuple. 6/11/2008
Article de Libération du 7 juin: Dormir à l’école contre les réformes Darcos
Transformer le temps d’une «Nuit des écoles» ces dernières en dortoirs pour alerter l’opinion sur les réformes Darcos. Le projet, fixé au 13 juin et porté par un collectif de parents de Loire-Atlantique, commence à essaimer. Une quarantaine d’écoles (sur Paris) se sont déjà engagées à y participer. Le site Internet de cette Nuit des écoles invite parents et enseignants à «s’endormir en rêvant à une rentrée où les programmes seraient construits avec des professionnels, le rythme adapté et les élèves en difficulté aidés sur le temps scolaire par du personnel spécialisé».
Ici le blog de la nuit des écoles.
Plus de 250 écoles en France participent à ce mouvement le vendredi 13 juin.
Appel à la désobéissance pédagogique. Ici pour signer la pétition contre la réforme Darcos. 6/8/2008
Le 3 septembre 2012
Enzo est assis à sa place, parmi ses 32 camarades de CP. Il porte la vieille blouse de son frère, éculée, tâchée, un peu grande. Celle de Jean-Emilien, au premier rang, est toute neuve et porte le logo d'une grande marque. La maîtresse parle, mais il a du mal à l'entendre, du fond de la classe. Trop de bruit. La maîtresse est une remplaçante, une dame en retraite qui vient remplacer leur maîtresse en congé maternité. Il ne se souvient pas plus de son nom qu'elle ne se souvient du sien. Sa maîtresse a fait la rentrée, il y a trois semaines, puis est partie en congés. La vieille dame de 65 ans est là depuis lundi, elle est un peu sourde, mais gentille. Plus gentille que l'intérimaire avant elle. Il sentait le vin et criait fort. Puis il expliquait mal.
Du coup Enzo ne comprend pas bien pourquoi B et A font BA, mais pas dans BANC ni dans BAIE ; ni la soustraction ; ni pourquoi il doit connaître toutes les dates des croisades. On l'a mis sur la liste des élèves en difficulté, car il a raté sa première évaluation. Il devra rester de 12 à 12h30 pour le soutien. Sans doute aussi aux vacances. Hier, il avait du mal à écouter la vieille dame, pendant le soutien ; son ventre gargouillait. Quand il est arrivé à la cantine, il ne restait que du pain. Il l'a mangé sous le préau avec ceux dont les parents ne peuvent déjà plus payer la cantine.
Il a commencé l'école l'an dernier, à 5 ans. L'école maternelle n'est plus obligatoire, c'est un choix des mairies, et la mairie de son village ne pouvait pas payer pour maintenir une école. Son cousin Brice a eu plus de chance : il est allé à l'école à 3 ans, mais ses parents ont dû payer. La sieste, l'accueil et le goûter n'existent plus, place à la morale, à l'alphabet ; il faut vouvoyer les adultes, obéir, ne pas parler et apprendre à se débrouiller seul pour les habits et les toilettes : pas assez de personnel. Les enseignants, mal payés par la commune, gèrent leurs quarante élèves chacun comme une garderie. L'école privée en face a une vraie maternelle, mais seuls les riches y ont accès. Mais Brice a moins de mal, malgré tout, à comprendre les règles de l'école et ses leçons de CP.
En plus, le soir il va à des cours particuliers, car ses parents ne peuvent pas l'aider pour les devoirs, ils font trop d'heures supplémentaires. Mais Enzo a toujours plus de chance que son voisin Kévin : il doit se lever plus tôt et livrer les journaux avant de venir à l'école, pour aider son grand-père, qui n'a presque pas de retraite. Enzo est au fond de la classe. La chaise à côté de lui est vide. Son ami Saïd est parti, son père a été expulsé le lendemain du jour où le directeur (un gendarme en retraite choisi par le maire) a rentré le dossier de Saïd dans Base Élèves. Il ne reviendra jamais. Enzo n'oubliera jamais son ami pleurant dans le fourgon de la police, à côté de son père menotté. Il parait qu'il n'avait pas de papiers... Enzo fait très attention : chaque matin il met du papier dans son cartable, dans le sac de sa maman et dans celui de son frère. Du fond, Enzo ne voit pas bien le tableau. Il est trop loin, et il a besoin de lunettes. Mais les lunettes ne sont plus remboursées. Il faut payer l'assurance, et ses parents n'ont pas les moyens.
L'an prochain Enzo devra prendre le bus pour aller à l'école. Il devra se lever plus tôt. Et rentrer plus tard. L'EPEP (établissements publics d'enseignement primaire) qui gère son école a décidé de regrouper les CP dans le village voisin, pour économiser un poste d'enseignant. Ils seront 36 par classe. Que des garçons. Les filles sont dans une autre école. Enzo se demande si après le CM2 il ira au collège ou, comme son grand frère Théo, en centre de préformation professionnelle. Peut-être que les cours en atelier seront moins ennuyeux que toutes ces leçons à apprendre par coeur. Mais sa mère dit qu'il n'y a plus de travail, que ça ne sert à rien. Le père d'Enzo a dû aller travailler en Roumanie, l'usine est partie là-bas. Il ne l'a pas vu depuis des mois. La délocalisation, ça s'appelle, à cause de la mondialisation. Pourtant la vieille dame disait hier que c'est très bien, la mondialisation, que ça apportait la richesse. Ils sont fous, ces Roumains !
Il lui tarde la récréation. Il retrouvera Cathy, la jeune soeur de maman. Elle fait sa deuxième année de stage pour être maîtresse dans l'école, dans la classe de monsieur Luc. Il remplace monsieur Jacques, qui a été renvoyé, car il avait fait grève. On dit que c'était un syndicaliste qui faisait de la pédagogie. Il y avait aussi madame Paulette en CP ; elle apprenait à lire aux enfants avec des vrais livres ;un inspecteur venait régulièrement la gronder ; elle a fini par démissionner. Cathy a les yeux cernés : le soir elle est serveuse dans un café, car sa formation n'est pas payée. Elle dit : « A 28 ans et un bac +5, servir des bières le soir et faire la classe la journée, c'est épuisant.» Surtout qu'elle dort dans le salon chez Enzo, elle n'a pas assez d'argent pour se payer un loyer. Après la récréation, il y a le cours de religion et de morale, avec l'abbé Georges. Il faut lui réciter la vie de Jeanne d'Arc et les dix commandements par coeur. C'est lui qui organise le voyage scolaire à Lourdes, à Pâques. Sauf pour ceux qui seront convoqués pour le soutien…
Enzo se demande pourquoi il est là ?
Pourquoi Saïd a dû partir ?
Pourquoi Cathy et sa mère pleurent la nuit ?
Pourquoi et comment les usines s'en vont en emportant le travail ?
Pourquoi ils sont si nombreux en classe ?
Pourquoi il n'a pas une maîtresse toute l'année ?
Pourquoi il devra prendre le bus ?
Pourquoi il passe ses vacances à faire des stages ?
Pourquoi on le punit ainsi ?
Pourquoi il n'a pas de lunettes ?
Pourquoi il a faim ?
Projection basée sur les textes actuels, les expérimentations en cours et les annonces du gouvernement.
Est-ce l'école que nous voulons ?
Le gouvernement a-t-il reçu un mandat populaire pour cela ?
Qu'attendons nous pour réagir ?
5/28/2008
Le vendredi 30 mai, plusieurs manifestations de quartier convergent vers la mairie du 20e (Gambetta) à 18h.
Mes photos Windows Live Spaces
5/27/2008
Une vidéo qui vous donnera des éléments de réponses...si vous vous demandez pourquoi certains instits (militants, engagés, en lutte) du 18eme, 19eme ou 20eme sont en grève reconductible depuis bientôt deux semaines...Chapeau.
Contre le projet de loi Darcos : - Nouveaux programmes, rédigés dans un esprit passéiste, en dépit de l’avis des chercheurs, des propositions des enseignants, des prises de position des syndicats et mouvements pédagogiques : l’enfant n’est plus au cœur du système éducatif. - Evaluations publiques des élèves, mettant en concurrence les écoles, - Diminution du nombre de postes d’enseignants, - Risque de Suppression des réseaux d’aide, médecine scolaire. et aussi… - Fichage des élèves par Base-Elèves, - Autorisation d’enseignements séparés filles/garçons. (Loi adoptée en douce le 15 mai 2008) - Le gouvernement refuse de répondre aux revendications des enseignants et des parents d’élèves et agit sans concertation. Il cherche à nous diviser par la mise en place d’un service minimum.
Voici le lien pour suivre les actions menées sur Paris:
5/15/2008
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Appel des 19 : Non aux programmes du primaire
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Projet de programmes de l'école primaire : Copie à revoir !
Monsieur le Ministre,
Nous voulons une école plus juste, dont les finalités et les contenus soient compris et partagés par tous. Nous sommes persuadés que l’école peut et doit faire réussir tous les élèves, et que pour cela, elle doit se transformer.
Votre projet de programmes est marqué par l’inadaptation des contenus, par un affaiblissement de leur dimension culturelle et par une conception mécaniste des apprentissages.
Loin d’être « plus ambitieux », comme vous l’annonciez, il marque un appauvrissement sans précédent des apprentissages et des objectifs, à commencer par la lecture et l’écriture. Face à un tel renoncement sur l’essentiel, l’introduction de nouveaux contenus dans d’autres matières apparaît comme un affichage qui accroît l’incohérence de l’ensemble.
Loin de contribuer à la réussite de tous les élèves, il pénalisera de fait ceux qui ont le plus besoin d’école. Il ne favorisera pas la maîtrise de l'ensemble des connaissances et des compétences que l'école se doit de faire acquérir à tous les élèves. Il tourne le dos à l’ambition des programmes de 2002 qui était de doter tous les élèves des outils nécessaires pour réussir au collège.
Nous réaffirmons avec force que les apprentissages fondamentaux que vise l’école primaire s’appuient sur un travail de l’élève dans lequel la recherche, la découverte et l’expérimentation s’allient nécessairement à la rigueur, à la structuration des connaissances et à la mémorisation.
Nous vous demandons, Monsieur le ministre, de suspendre votre projet et de tenir compte de l'avis des personnels et des partenaires de l'Education afin d’en revoir profondément la conception et la rédaction.
Pour télécharger les nouveaux programmes. Cliquez ici.
Pour signer la pétition, c'est ici. | 4/10/2008
Notre cher ministre prône le retour aux vieilles méthodes bien efficaces...
Pour finir voici des propos du Ministre de la Fonction publique rapportés par Charlie Hebdo, tenus lors d'une réunion de la Fondation Concorde, proche de la majorité actuelle, le mercredi 20 octobre au Café Restaurant Pépita à Paris :
"Les retraités de la fonction publique ne rendent plus de services à la nation. Ces gens-là sont inutiles, mais continuent de peser très lourdement. La pension d'un retraité, c'est presque 75% du coût d'un fonctionnaire présent. Il faudra résoudre ce problème."
"Le grand problème de l'État, c'est la rigidité de sa main-d'oeuvre. Pour faire passer un fonctionnaire du premier au deuxième étage de la place Beauvau, il faut un an. Non pas à cause de l'escalier [rires dans la salle], mais des corps. Il y a 1400 corps. 900 corps vivants, 500 corps morts [rires], comme par exemple l'administration des télécoms. Je vais les remplacer par cinq filières professionnelles qui permettront la mobilité des ressources humaines : éducation, administration générale, économie et finances, sécurité sanitaire et sociale. Si on ne fait pas ça, la réforme de l'État est impossible. Parce que les corps abritent des emplois inutiles."
"A l'heure actuelle, nous sommes un peu méchants avec les fonctionnaires. Leur pouvoir d'achat a perdu 4,5% depuis 2000."
"Comme tous les hommes politiques de droite, j'étais impressionné par l'adversaire. Mais je pense que nous surestimions considérablement cette force de résistance. Ce qui compte en France, c'est la psychologie, débloquer tous ces verrous psychologiques."
"C'est sur l'Éducation nationale que doit peser l'effort principal de réduction des effectifs de la fonction publique. Sur le 1,2 million de fonctionnaires de l'Éducation nationale, 800 000 sont des enseignants. Licencier dans les back office de l'Éducation nationale, c'est facile, on sait comment faire, avec Éric Woerth [secrétaire d'État à la Réforme de l'État] : on prend un cabinet de conseil et on change les process de travail, on supprime quelques missions. Mais pour les enseignants, c'est plus délicat. Il faudra faire un grand audit."
"Le problème que nous avons en France, c'est que les gens sont contents des services publics. L'hôpital fonctionne bien, l'école fonctionne bien, la police fonctionne bien. Alors il faut tenir un discours, expliquer que nous sommes à deux doigts d'une crise majeure - c'est ce que fait très bien Michel Camdessus , mais sans paniquer les gens, car à ce moment-là, ils se recroquevillent comme des tortues."
Bientôt, je reviens pour vous expliquer pourquoi je suis en grève mardi 15 avril...
L'absence sur mon blog était due à mon déménagement. (!)
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